Quelques bardeaux à changer, ou tout le toit ?
Tant que le défaut tient à un seul endroit, il relève de la réparation de toiture. Quelques bardeaux partis au vent, un solin de cheminée déplacé, un collet d'évent fendu, un clou qui ressort : nous reprenons la zone sans toucher au reste du versant.
La condition, c'est la souplesse des bardeaux autour. Pour insérer une pièce neuve, il faut relever celles qui la recouvrent. Des bardeaux qui cassent en pliant annoncent un toit au bout de sa vie, où chaque intervention abîme ce qui l'entoure.
Quand les mêmes défauts se retrouvent d'un versant à l'autre, c'est le remplacement qu'il faut faire chiffrer.
Ce que Laval entend par toit en pente
Pour le Code de l'urbanisme de Laval, est en pente tout toit dont l'inclinaison dépasse 2:12, soit 16,7 %. À 2:12 ou moins, le Code parle d'un toit plat. Les fabricants fixent aussi une pente minimale pour leurs bardeaux, et un toit trop peu incliné appelle un autre revêtement.
La Ville écrit que la majeure partie de son territoire urbanisé est occupée par des habitations unifamiliales, des commerces et des industries d'un ou deux étages. D'après ses chiffres de 2024, les maisons individuelles détachées forment 42 % des logements, et les maisons jumelées ou en rangée, 11 %. Ces documents ne disent rien de la forme des toits.
La forme, elle, change le chantier. Deux ou quatre versants simples se couvrent vite. Un toit découpé, avec noues, lucarnes et niveaux différents, demande plus de temps.
Sept éléments qui travaillent ensemble
Les bardeaux sont la partie qu'on voit. L'étanchéité tient à tout l'assemblage.
- Le pontage. Des planches ou des panneaux de bois fixés à la charpente, appui de tout le reste.
- Le larmier. Une bordure de métal qui envoie l'eau dans la gouttière.
- La membrane d'avant-toit. Une bande autocollante au bas des versants, dans les noues et autour des ouvertures.
- La sous-couche. Du feutre ou une membrane synthétique, sur le reste du pontage.
- Les bardeaux. Ils partent d'une bande de départ et montent en rangs qui se recouvrent.
- Les solins. Du métal plié aux jonctions avec la cheminée, les murs, les lucarnes et les évents.
- La ventilation. L'air entre par les soffites et ressort près du faîte. L'entretoit reste froid et sec.
- Le pontage. Le bois cloué sur la charpente. Tout le reste s'y fixe.
- La membrane d'avant-toit. Une bande autocollante au bas du versant, là où la glace se forme.
- La sous-couche. Elle couvre le reste du pontage sous les bardeaux.
- Le larmier. La moulure de métal qui dirige l'eau vers la gouttière.
- Les bardeaux. Des rangs qui se chevauchent, du bas vers le haut.
- Le solin. Le métal qui fait la jonction avec la cheminée.
- La ventilation. La sortie d'air près du faîte. Les entrées d'air sont aux soffites, sous l'avant-toit.
Cinq points faibles à surveiller
L'eau entre souvent là où le revêtement s'interrompt ou change de direction, plus qu'au milieu d'un versant.
- Le creux entre deux versants. La noue reçoit l'eau de deux côtés et retient neige et feuilles.
- La cheminée. La maçonnerie bouge et s'effrite, et le solin doit la suivre.
- Les tuyaux et les évents. Le joint de caoutchouc d'un collet de plomberie sèche au soleil, puis fend.
- Le pied d'un mur. Sous une lucarne ou un étage, l'eau court le long du mur avant de redescendre.
- Le bord du toit. L'hiver, la glace s'y installe et l'eau peut remonter sous les premiers rangs.
Nous commençons notre inspection par ces endroits.
Le chantier de remplacement, du conteneur à l'aimant
- Préparer le terrain. Des bâches couvrent les plates-bandes et l'entrée, puis le conteneur arrive.
- Arracher. Les anciens bardeaux et la sous-couche partent, jusqu'au bois nu.
- Examiner le bois. Toute section pourrie ou affaissée est changée avant la suite.
- Mettre le toit à l'abri. Larmier, membrane d'avant-toit et sous-couche sont posés, et une averse ne fait plus de dégâts.
- Poser les bardeaux. Un rang après l'autre, avec les solins, les évents et le faîte.
- Ramasser. Les débris partent, puis un aimant récupère les clous.
Personne ne connaît l'état du pontage avant l'arrachage. Faites écrire d'avance comment le bois remplacé sera facturé, et restez joignable ce jour-là.
Un entrepreneur soigneux ne découvre que la surface qu'il peut recouvrir le jour même. Demandez-lui ce qu'il prévoit si la pluie arrive en plein travail.
Sur une maison au toit simple, ce chantier se compte en jours plutôt qu'en semaines, et la durée prévue s'inscrit dans la soumission.
Lire une soumission ligne par ligne
Deux prix se comparent seulement si les deux documents décrivent le même travail.
- Jusqu'où on arrache. Jusqu'au bois, et sur tous les versants ?
- Le bois. La façon de mesurer et de facturer le pontage remplacé.
- Le produit. Le fabricant, la gamme précise et la couleur.
- Le dessous. Quelle sous-couche, et à quels endroits ira la membrane d'avant-toit.
- Le métal. Les solins refaits à neuf et ceux qu'on garde, surtout à la cheminée.
- L'aération. Les évents prévus, et l'état des entrées d'air des soffites.
- Les deux garanties. Celle du fabricant pour le produit, celle du couvreur pour la pose, chacune avec sa durée.
- L'organisation. La protection du terrain, le conteneur, le nettoyage et les dates.
Pourquoi deux toits de même taille n'ont pas le même prix
- La surface réelle du toit, qui dépasse celle de la maison au sol quand la pente est forte.
- La pente et la hauteur, qui commandent l'équipement de sécurité et ralentissent la pose.
- Les noues, lucarnes, cheminées et puits de lumière, qui ajoutent du travail de détail.
- Le nombre d'épaisseurs de vieux bardeaux à arracher.
- La gamme de bardeaux retenue.
- Le bois à changer et la ventilation à corriger.
- L'accès pour le conteneur et la livraison.
Les règles de Laval pour un toit en pente
Le permis. Pour une résidence, la page de la Ville sur la rénovation extérieure sépare deux cas. Remplacer le revêtement de la toiture avec le même matériau ne demande aucun permis. Le remplacer avec un nouveau matériau en demande un. La Ville ne définit pas ce qu'elle entend par « même matériau ». En cas de doute, le Service de l'urbanisme répond avant les travaux.
Les matériaux. L'article 379 du Code de l'urbanisme dresse une liste fermée des revêtements de toit. Parmi ceux qui se posent sur un toit en pente, on y lit notamment :
- le bardeau d'asphalte, d'aluminium, d'acier émaillé ou texturé, de bois ou de fibre de verre
- le métal peint et précuit en usine
- la tuile d'argile, d'ardoise ou de fibre de verre
- la tuile de plastique ou de pneus recyclés
- la tôle galvanisée pincée, à baguette ou à la canadienne
- le cuivre
- la toiture de composite
Le même chapitre du Code range le bardeau d'amiante parmi les matériaux prohibés. Un vieux bardeau rigide et cassant que personne ne sait nommer ne se manipule pas : laissez-le en place et signalez-le-nous dans votre demande.
L'article 380. Cet article du Code demande, pour un bâtiment à toit plat, un toit végétalisé, un revêtement blanc ou un matériau dont l'indice de réflectance solaire est d'au moins 78. L'article 380 ne vise pas les toits en pente. Le Code ne précise pas ce qui s'applique à un toit plat existant refait à l'identique.
Le patrimoine. Dans un territoire d'intérêt patrimonial, modifier les matériaux de toiture d'un bâtiment principal passe par un plan d'implantation et d'intégration architecturale, un PIIA. Le Code en dispense trois cas : le remplacement d'un matériau par un même matériau de couleur similaire, le remplacement par un matériau qui permet de conserver ou de retrouver les caractéristiques d'origine ou traditionnelles, et la rénovation d'un toit plat. La même règle vaut pour un bâtiment d'intérêt patrimonial, où qu'il soit. Hors de ces cas, la Ville peut demander que le projet lui soit soumis, et elle tranche. L'outil Info-règlements de la Ville signale, pour une adresse, les dispositions particulières de sa zone.
L'entrepreneur. Au Québec, un entrepreneur en construction doit détenir une licence de la Régie du bâtiment du Québec. Son registre public se consulte avant de signer.
Questions fréquentes
Recouvrir les vieux bardeaux au lieu de les arracher, est-ce une bonne idée ?
Recouvrir les vieux bardeaux se fait parfois, avec des inconvénients. Le pontage et la sous-couche restent alors cachés, le toit porte un poids de plus, et les défauts du dessous finissent par marquer la surface. Demandez-nous ce que nous conseillons pour votre toit, et lisez ce que la garantie du fabricant exige.
Ai-je besoin d'un permis pour refaire mes bardeaux à Laval ?
Pour une résidence, la Ville n'en demande pas quand le revêtement est remplacé avec le même matériau, et en demande un quand le matériau est nouveau. Une adresse patrimoniale peut ajouter l'étape du PIIA.
Quelle est la durée de vie d'une toiture en bardeaux d'asphalte ?
Une toiture en bardeaux d'asphalte dure de 15 à 30 ans, selon les fabricants et la qualité de la pose. L'écart tient surtout à l'aération de l'entretoit, à la gamme de bardeaux et à l'orientation de chaque versant. Le versant qui fait face au sud vieillit souvent avant celui du nord.
Comment réparer une toiture en bardeau d'asphalte ?
Une toiture en bardeau d'asphalte se répare en changeant les bardeaux abîmés, et ce travail revient à un couvreur. Nous décollons les rangs voisins, retirons les pièces brisées, glissons et clouons les neuves, puis recollons l'ensemble. Votre part se fait du sol : observer et photographier, sans monter.
Quelle est la toiture la moins chère ?
Pour un toit en pente, le bardeau d'asphalte est souvent le revêtement le moins cher à poser. Le bardeau ne convient pas à un toit plat. Le moins cher à la pose n'est pas forcément le moins cher sur la durée. La tôle coûte plus cher au départ et dure plus longtemps.
Sources officielles, consultées le 8 octobre 2026 :
- Ville de Laval, « Rénovation ou réparation résidentielle extérieure »
- Ville de Laval, Code de l'urbanisme, titre 5, chapitre 3 (articles 370, 379 et 380)
- Ville de Laval, Code de l'urbanisme, titre 8, chapitre 1 (PIIA)
- Ville de Laval, Schéma d'aménagement et de développement révisé
- Ville de Laval, projet de règlement S.A.D.R.-1.10