À quoi sert le courant d'air
L'entretoit devrait rester froid en hiver et se vider de sa chaleur en été. Un même courant d'air assure les deux, et sur une toiture en bardeaux il compte autant que les solins ou la sous-couche.
Le trajet, du débord au sommet
L'air entre par les soffites, sous le débord de toit. Il monte le long du pontage, entre les chevrons, et sort au sommet par des évents de toit ou par un évent continu posé sur le faîte.
Ce trajet peut se couper à l'entrée, en chemin ou à la sortie.
- À l'entrée. Un soffite perforé ne sert à rien s'il est couvert de peinture, bouché par l'isolant ou posé par-dessus un vieux soffite de bois.
- En chemin. Au bas du versant, l'isolant peut combler l'espace sous le pontage. Des déflecteurs fixés entre les chevrons gardent un couloir pour l'air.
- À la sortie. Les évents doivent se trouver près du haut, là où l'air chaud s'accumule.
Les entrées et les sorties doivent aussi s'équilibrer. Avec des évents en haut et aucune prise d'air en bas, l'entretoit va chercher son air dans la maison, par les fuites du plafond.
Les dommages, saison par saison
En été. La chaleur reste coincée sous la couverture. Les bardeaux gondolent et perdent leurs granules avant leur temps. L'étage du haut devient pénible à rafraîchir.
En hiver. L'air humide venu des pièces chauffées touche le pontage glacé et y laisse du givre. Au redoux, ce givre fond et trempe le bois et l'isolant. Avec le temps, le pontage noircit, moisit et finit par ramollir.
Au bord du toit. La neige fond par-dessous sur la partie chaude, puis l'eau gèle de nouveau au débord, qui est plus froid. Un barrage de glace se forme.
Ce que vous pouvez observer sans risque
Outre la neige fondue par plaques, trois indices se remarquent sans monter nulle part.
- Une bande de glace et de gros glaçons le long du débord.
- L'été, un étage nettement plus chaud que le rez-de-chaussée.
- Un cerne au plafond qui se montre au dégel, alors qu'il n'a pas plu.
Si la trappe de l'entretoit s'ouvre sans que vous ayez à grimper, regardez le dessous du bois avec une lampe, en restant à la trappe. Du givre, des taches noires, des clous rouillés, un isolant humide et écrasé sont autant de signes du même problème. Dans bien des maisons, la trappe est au plafond et ne s'atteint pas sans escabeau. Dans ce cas, n'y montez pas : les indices visibles du sol et de l'intérieur suffisent pour demander une soumission, et nous regarderons nous-mêmes à la visite. N'entrez pas dans l'entretoit. Si l'isolant est fait de granules qui font penser à de la vermiculite, n'y touchez pas : ce matériau peut contenir de l'amiante.
Ce que nous pouvons corriger
Quand le toit est refait, le pontage est à découvert, et la circulation d'air se corrige plus facilement. Ces interventions reviennent souvent.
- Libérer les soffites et installer des déflecteurs entre les chevrons.
- Ajouter des évents près du faîte, ou en changer le modèle.
- Prolonger jusqu'à l'extérieur le conduit d'un ventilateur de salle de bain qui se vide dans l'entretoit.
Le nombre d'évents et leur dimension se calculent d'après la surface de l'entretoit, selon le code de construction et les instructions du fabricant. Notre soumission indique ce que nous comptons installer, et la raison.
Questions fréquentes
Peut-on ajouter des évents sans compter ?
Non. Trop de sorties, ou des sorties de modèles différents, peuvent se nuire : l'air entre par l'une et ressort par l'autre, sans balayer l'entretoit. L'entretoit a besoin d'un trajet continu du soffite au faîte.
Une bonne ventilation suffit-elle contre le givre ?
Pas toujours. La ventilation emporte l'humidité qui arrive dans l'entretoit, mais elle ne rend pas le plafond étanche. Quand la maison y envoie beaucoup d'air chaud et humide, on fait d'abord sceller les fuites du plafond.
La garantie des bardeaux dépend-elle de la ventilation ?
Les fabricants assortissent en général leur garantie de conditions sur la ventilation de l'entretoit. Lisez celle de la gamme choisie, et demandez-nous de confirmer que nos travaux y répondent.