Regarder sans grimper
Ces défauts se cherchent du terrain, avec des jumelles si vous en avez. Ceux qui ne se voient pas d'en bas, comme un clou mal placé, c'est nous qui les constatons sur place. Vous ne montez ni sur le toit ni dans une échelle. Prenez des photos datées, à nous montrer lors de la visite.
Sur une toiture en bardeaux, les défauts se rangent selon leur origine.
L'asphalte qui sèche
Le soleil assèche l'asphalte au fil des ans. Le bardeau raidit, rétrécit un peu et change de forme.
- Des zones dégarnies. Le bardeau paraît lisse et plus foncé par endroits, et un sable de la couleur du toit s'amasse au pied des descentes de gouttière.
- Des fentes. Elles coupent le bardeau et s'alignent souvent d'un rang au suivant.
- Des bardeaux déformés. Les coins rebiquent ou le milieu se soulève en bosse. Un entretoit mal ventilé, trop chaud, accélère la déformation.
Ces signes viennent généralement avec l'âge. Sur un toit jeune, il y a une cause à trouver : aération insuffisante, humidité dans l'entretoit ou défaut de fabrication.
Ce que le vent emporte
Le vent prend le toit par ses bords : rives, faîte et bas des pentes.
- Un bardeau parti. Il laisse un rectangle d'une autre teinte, celle de la sous-couche ou du rang inférieur.
- Un bardeau qui ne colle plus. Sa bande adhésive a lâché. Il bat à chaque rafale puis se rompt le long de ses clous.
Ce qui remonte à la pose
Certains défauts remontent à la pose et ne doivent rien à l'âge.
- Un clou au mauvais endroit. Posé trop haut, il ne traverse qu'une épaisseur. Trop enfoncé, il passe au travers du bardeau.
- Un clou qui ressort. Il soulève le bardeau qui le couvre, puis le perce. La pose peut être en cause, ou le bois qui bouge.
- Un solin remplacé par du goudron. Autour d'une cheminée, un enduit étalé ne vaut pas des pièces de métal et ne dure qu'un temps.
Ce qui pousse dessus
Des coulisses noires sur le versant nord sont des algues, une affaire surtout visuelle. Des coussins verts sont de la mousse, qui garde l'eau contre le bardeau et peut en soulever les bords.
Quand la ligne du toit n'est plus droite
De la rue, un versant devrait être plan et le faîte bien tendu. Un versant affaissé entre deux chevrons, ou un faîte en vagues, signale que le bois sous les bardeaux est touché. Nous devons alors ouvrir le toit pour mesurer le dommage.
Un endroit ou tout le versant
L'étendue du défaut décide de la suite. Une branche tombée sur un coin, quelques bardeaux envolés en bordure, une fente au pied d'un évent : le défaut tient en un endroit et le reste du toit est sain. Une réparation suffit.
Quand les mêmes signes couvrent un versant complet, ou tous, les bardeaux ont vieilli du même pas. Reprendre une zone repousse seulement l'appel suivant.
L'âge complète le portrait. Selon les fabricants et la qualité de la pose, un bardeau d'asphalte dure de l'ordre de 15 à 30 ans. Un toit rendu là, avec des défauts partout, se dirige vers un remplacement. Demandez au couvreur, qui doit détenir une licence de la Régie du bâtiment du Québec, si le problème est local ou étendu.
Questions fréquentes
Faut-il refaire le toit pour trois ou quatre bardeaux endommagés ?
Non, pas quand les autres bardeaux sont encore souples, couverts de granules et à plat. Nous changeons alors les pièces atteintes. Tout refaire se discute quand un versant entier est touché ou que les réparations se succèdent.
Mon toit ne coule pas. Peut-il quand même être à bout ?
Oui, un toit peut être à bout sans couler. Sous des bardeaux usés, la sous-couche et le recouvrement des rangs arrêtent l'eau un temps. Attendre la première fuite expose le pontage et l'isolant.
Ces défauts sont-ils couverts par la garantie du fabricant ?
La garantie du fabricant vise en général un défaut de fabrication, sous conditions, et exclut souvent l'usure normale ou une mauvaise pose. Relisez son texte et gardez votre facture. La pose relève plutôt de la garantie de main-d'œuvre du couvreur.