La définition que retient Laval
L'annexe C du Code de l'urbanisme tranche avec un chiffre. Est plat tout toit dont la pente est inférieure ou égale à 2:12, soit 16,7 %. Passé ce seuil, le Code parle d'un toit en pente.
Un toit plat garde une inclinaison légère, juste assez pour guider l'eau vers son drain. Cette inclinaison est trop faible pour que des bardeaux posés en écailles fassent le travail. L'étanchéité d'un toit plat tient à une peau continue.
Si votre toit coule aujourd'hui, la page sur la réparation de toiture décrit les premiers gestes.
Ce que la Ville dit de ses bâtiments
La Ville publie un portrait de ses bâtiments, pas de leurs toits. Son schéma d'aménagement décrit un territoire urbanisé occupé en majeure partie par des habitations unifamiliales, des commerces et des industries d'un ou deux étages. D'après ses chiffres de 2024, 47 % des logements sont situés dans un immeuble qui en compte au moins deux, et 42 % sont des maisons individuelles détachées.
Sa Politique de l'habitation note une plus grande proportion de plex et de bâtiments à usage mixte dans les quartiers anciens : Saint-Vincent-de-Paul, Pont-Viau, Laval-des-Rapides, Chomedey et Sainte-Rose. Votre toit est plat si sa pente entre dans la définition du Code, quel que soit le bâtiment qu'il coiffe.
De la pluie jusqu'au bois : cinq épaisseurs
La membrane n'est que le dessus d'un assemblage. En partant du ciel, on traverse :
- La membrane. Elle seule reçoit la pluie, le soleil et la neige.
- Le panneau de support. Il offre à la membrane une assise ferme.
- L'isolant. Ce sont des panneaux rigides. Certains sont taillés en biseau pour créer la pente vers le drain.
- Le pare-vapeur. Il retient l'humidité qui monte du logement avant qu'elle atteigne l'isolant.
- Le pontage. Des planches ou des panneaux de bois cloués aux solives, qui portent tout le reste.
Une bonne soumission nomme les épaisseurs gardées et celles qui sont changées.
- Le pontage. Le plancher de bois du toit, fixé sur les solives.
- Le pare-vapeur. Il arrête l'humidité qui monte du logement.
- L'isolant. Des panneaux rigides, parfois taillés en pente.
- Le panneau de support. La surface ferme sous la membrane.
- La membrane. Deux couches, dont une couche de finition couverte de granules.
- Le relevé. La membrane remonte sur le parapet, le muret au bord du toit.
- Le solin de métal. Il coiffe le parapet et rejette l'eau.
Trois familles de revêtements
- Le bitume modifié en deux couches, aussi appelé membrane élastomère. La couche du dessus porte des granules. Ordre de grandeur : 25 à 35 ans, selon les fabricants et la qualité de la pose.
- Le multicouche d'asphalte et de gravier. Des feutres noyés dans l'asphalte chaud, puis un lit de gravier qui les protège. On le trouve encore sur des toits âgés. Ordre de grandeur : 15 à 25 ans.
- Les monocouches, TPO et EPDM. Une seule feuille, de plastique pour le TPO, de caoutchouc synthétique pour l'EPDM. Elles se posent surtout sur de grandes surfaces dégagées. Ordre de grandeur : 20 à 30 ans.
Ce que le Code de Laval permet sur un toit plat
L'article 379 du Code de l'urbanisme dresse la liste fermée des matériaux de toiture. Pour un toit plat, on y trouve :
- la membrane en TPO, en EPDM, en enduit réfléchissant ou en un autre matériau homologué comme toiture blanche
- la membrane goudronnée multicouche et la membrane en élastomère, c'est-à-dire en bitume modifié
- la membrane thermosoudée ou adhésive
- le gravier, s'il recouvre une membrane permise par l'article
- la toiture végétalisée avec sa membrane d'étanchéité
L'article nomme des matériaux, pas des teintes. Figurer à l'article 379 ne règle pas la question de la couleur. L'article suivant la traite.
L'article 380 s'y ajoute dès que le toit est plat. Il demande que le bâtiment porte l'un de ces revêtements, ou une combinaison d'entre eux :
- un toit végétalisé
- un matériau blanc, peint en blanc, ou recouvert d'un enduit réfléchissant ou d'un ballast blanc
- un matériau dont l'indice de réflectance solaire est d'au moins 78, attesté par les spécifications du fabricant ou par le devis d'un professionnel
L'article vise les bâtiments principaux et accessoires. Il prévoit trois exceptions : les bâtiments et équipements autorisés sur un toit, les bâtiments accessoires résidentiels de moins de 40 m² d'emprise au sol et les bâtiments agricoles.
Le Code ne précise pas ce qui s'applique à un toit plat existant qu'on refait à l'identique. Avant de commander une membrane, posez la question au Service de l'urbanisme de la Ville et gardez la réponse par écrit.
Le permis, pour une résidence
La page de la Ville sur la rénovation résidentielle extérieure donne la règle. Pour une résidence, remplacer le revêtement de la toiture avec le même matériau ne demande aucun permis. Le remplacer avec un nouveau matériau en demande un. Le critère ne change pas selon que le toit est plat ou en pente, ni selon le secteur de la ville.
La Ville ne définit pas ce qu'elle entend par « même matériau ». Passer du gravier à une membrane, ou d'une membrane noire à une blanche : la Ville seule peut trancher ces cas. Mieux vaut lui poser la question avant de fixer la date du chantier.
Dans un territoire d'intérêt patrimonial, la Ville peut demander un PIIA pour modifier les matériaux de toiture d'un bâtiment principal. L'article 1616 du Code en dispense le remplacement par un même matériau de couleur similaire, le matériau qui permet de conserver ou de retrouver les caractéristiques d'origine ou traditionnelles, et les travaux de rénovation d'un toit plat.
Là où l'eau trouve son chemin
Le plein champ d'une membrane saine cause peu d'ennuis. Les infiltrations naissent souvent là où elle monte, s'interrompt ou se fait traverser :
- à la base des parapets et sous leur couronnement
- tout autour du drain
- au passage d'un évent de plomberie, d'une sortie de ventilation ou d'un mât électrique
- au cadre d'un puits de lumière ou d'une trappe
- aux points d'ancrage d'une terrasse ou d'un garde-corps installés après le toit
Quatre voisins de la membrane méritent une question au couvreur.
Le parapet. Ce muret borde le toit. Une maçonnerie fatiguée devrait être examinée avant qu'on y appuie un revêtement neuf.
Le puits de lumière. La membrane grimpe sur son cadre. Si le puits est vieux, le changer pendant que le toit est ouvert simplifie le travail.
La terrasse. Elle cache la membrane sur laquelle elle repose. Il faut la défaire avant la réfection, puis la reposer sans percer ni écraser le revêtement neuf.
Les appareils. Thermopompe, climatiseur, ventilateur et conduits reposent sur des socles que la membrane contourne. Faites préciser qui les débranche, les déplace et les remet en marche.
Une réfection, du premier rendez-vous au ménage final
- Le relevé. Nous montons, prenons les mesures, regardons chaque détail et la façon d'amener les matériaux.
- Les papiers. Vous comparez les soumissions. Si le matériau change, la demande de permis part à la Ville.
- L'installation du chantier. Un conteneur arrive, la façade et le terrain sont protégés, les locataires et les voisins sont avisés.
- Le dégarnissage. L'ancien toit s'enlève par tranches. Chaque tranche ouverte est refermée avant le soir.
- Le bois. Les planches de pontage pourries sont changées.
- Le corps du toit. Pare-vapeur, isolant et panneau de support sont mis en place, avec la pente vers le drain.
- La membrane. Elle couvre la surface, puis remonte sur les parapets et ceinture chaque obstacle.
- La fermeture. Solins de métal, drain et crépine, ramassage au sol, puis un dernier tour du toit.
Pourquoi deux soumissions ne se ressemblent pas
À surface égale, l'écart entre deux prix s'explique par :
- le nombre de parapets, d'évents et de puits de lumière à traiter
- la hauteur du bâtiment et l'espace pour une grue ou un conteneur
- le nombre de vieilles couches à enlever
- l'état du pontage, connu seulement une fois le toit ouvert
- un ajout d'isolant ou une pente à corriger
- le système retenu et les garanties voulues
Pour comparer, exigez un document qui précise :
- le système, le nom complet du produit de finition et sa couleur
- chaque épaisseur enlevée et chaque épaisseur gardée
- le mode de facturation du pontage à changer
- ce qui est prévu aux parapets, aux solins, au drain et aux puits de lumière
- les garanties écrites du fabricant et de la main-d'œuvre
- la personne qui s'occupe du permis
- le numéro de licence du couvreur
La licence d'entrepreneur est obligatoire au Québec pour tout entrepreneur en construction. La Régie du bâtiment du Québec la délivre et tient un registre public de ses détenteurs.
Questions fréquentes
Quelle est la durée de vie d'un toit plat ?
Un toit plat dure de 15 à 35 ans selon le système posé, les fabricants et la qualité de la pose. L'ordre de grandeur est de 25 à 35 ans pour le bitume modifié, de 20 à 30 ans pour le TPO et l'EPDM, et de 15 à 25 ans pour l'asphalte et gravier. Un drain que le couvreur garde dégagé et des solins suivis de près aident à s'en approcher.
Dois-je poser un toit blanc si je refais mon toit plat à Laval ?
L'article 380 du Code de l'urbanisme demande, pour un toit plat, un toit végétalisé, un revêtement blanc ou un matériau d'un indice de réflectance solaire d'au moins 78. L'article 380 ne précise pas le cas d'un toit existant refait à l'identique. Le Service de l'urbanisme peut vous dire ce qui vaut pour votre adresse.
Une réparation suffit-elle, ou faut-il tout refaire ?
Un défaut isolé sur un toit encore sain se répare. La réfection devient raisonnable quand les fuites reviennent à plusieurs endroits, que l'isolant est détrempé ou que la membrane achève sa durée de vie.
Est-ce que je peux installer une terrasse sur mon toit plat ?
Une terrasse sur un toit plat demande des vérifications avant d'être installée. Un ingénieur peut dire si la structure supporte la charge, et la membrane doit être protégée sous les appuis. Posez aussi la question au Service de l'urbanisme.
Quels sont les inconvénients d'un toit plat ?
L'inconvénient principal d'un toit plat est sa faible pente : l'eau met plus de temps à le quitter que sur un toit en pente, et tout repose sur une membrane continue et sur un drain libre. Chaque parapet, évent ou puits de lumière est un raccord à faire suivre par un couvreur. Quand l'eau passe, elle peut cheminer dans l'isolant avant de marquer un plafond, loin de son point d'entrée.
Quel est le meilleur revêtement pour un toit plat ?
Aucun revêtement n'est le meilleur pour tous les toits plats : le choix dépend de la surface, du nombre d'obstacles, du budget et de ce que le Code de l'urbanisme de Laval demande. Le bitume modifié en deux couches se taille autour des parapets et des évents d'un toit encombré. Les monocouches, TPO et EPDM, se posent surtout sur de grandes surfaces dégagées. Demandez-nous pourquoi nous retenons un système pour votre toit, et faites valider sa couleur ou son indice de réflectance par le Service de l'urbanisme.
Est-ce qu'un toit plat est moins cher qu'un toit traditionnel ?
Non, en général : au pied carré, refaire un toit plat coûte plus cher que refaire un toit en pente couvert de bardeaux d'asphalte, d'après les fourchettes que des couvreurs affichent sur leurs sites. Une membrane demande plus d'épaisseurs et plus de travail de détail aux parapets et au drain. La comparaison reste théorique. On refait le toit que le bâtiment a déjà.
Sources officielles, consultées le 8 octobre 2026 :
- Ville de Laval, Code de l'urbanisme, annexe C (index terminologique)
- Ville de Laval, Code de l'urbanisme, titre 5, chapitre 3 (articles 379 et 380)
- Ville de Laval, Code de l'urbanisme, titre 8, chapitre 1 (PIIA)
- Ville de Laval, « Rénovation ou réparation résidentielle extérieure »
- Ville de Laval, Schéma d'aménagement et de développement révisé
- Ville de Laval, projet de règlement S.A.D.R.-1.10
- Ville de Laval, Politique de l'habitation