Qui répond de quoi
Le fabricant répond de ce qu'il a fabriqué. L'entrepreneur répond de ce qu'il a fait sur votre toit. Devant une fuite, il faut d'abord savoir lequel des deux est en cause.
Lire les garanties côte à côte fait partie des vérifications à faire pour choisir un couvreur.
Ce que promet l'entrepreneur
La garantie de main-d'œuvre vient du couvreur. Elle vise ce que son équipe a exécuté : les fixations, les joints, les solins, le tour des ouvertures.
Sur un toit récent, l'eau entre souvent par un détail de pose plutôt que par un défaut du matériau. La garantie de main-d'œuvre est souvent celle qui sert.
Chaque entrepreneur en fixe la durée et l'étendue. Elle a aussi une faiblesse qu'aucun texte ne corrige : elle vaut tant que l'entreprise est en affaires et retourne ses appels. La solidité de l'entreprise pèse autant que la durée promise.
Ce que promet le fabricant
La garantie du fabricant vient de l'entreprise qui produit les bardeaux ou la membrane. Elle porte sur les défauts de fabrication. Lisez-y trois choses.
- Ce qu'elle exige de la pose. Le fabricant décrit comment son produit doit être installé : la sous-couche, le mode de fixation, la ventilation de l'entretoit, les accessoires qui vont avec. Une pose qui ne suit pas ces instructions peut mettre la garantie en péril.
- Ce qu'elle rembourse. La garantie rembourse parfois le matériau seul, parfois aussi le travail qu'il faut pour le remplacer.
- Ce qu'il faut faire pour l'avoir. Certaines garanties demandent un enregistrement après le chantier, et certaines passent à un acheteur selon les conditions du fabricant. Sachez qui, de vous ou du couvreur, fait l'enregistrement.
Deux documents, pas un
Une ligne « travaux garantis » au bas d'une soumission ne suffit pas. Demandez deux écrits séparés.
Du couvreur, un document qui indique :
- son entreprise et l'adresse de votre bâtiment
- le jour où la garantie commence, à valider avec lui
- combien de temps elle dure
- ce qu'elle inclut et ce qu'elle laisse de côté
- comment présenter une réclamation
Du fabricant, le texte intégral de la garantie ou son certificat, la désignation exacte des produits installés et, si la garantie le demande, la confirmation qu'elle a été enregistrée.
Ce que les garanties laissent de côté
Les deux garanties écartent en général ce qui ne relève ni du produit ni de la pose.
- Une tempête hors du commun.
- Un toit laissé sans entretien, par exemple un drain qui reste bouché.
- Une intervention faite après coup par une autre entreprise.
- Un appareil dont la fixation traverse le revêtement.
Une thermopompe, une antenne ou une terrasse à poser sur le toit ? Appelez d'abord le couvreur qui a fait le revêtement et demandez-lui comment procéder pour que sa garantie tienne.
Vos autres recours
Les garanties écrites et le contrat ne résument pas forcément tout ce qui vous protège. Pour savoir ce qu'il en est de vos droits, adressez-vous à l'Office de la protection du consommateur ou à un conseiller juridique.
Questions fréquentes
Si je dois n'en négocier qu'une, laquelle ?
Gardez les deux garanties : elles ne couvrent pas les mêmes problèmes. Dans les premières années, la garantie de main-d'œuvre sert souvent davantage. Un défaut de pose se manifeste souvent tôt.
Mon couvreur a cessé ses activités. Ai-je encore une garantie ?
La garantie d'un couvreur qui a cessé ses activités devient difficile à faire valoir. Celle du fabricant reste en place, aux conditions qui y sont écrites.
Je vends ma maison. L'acheteur profite-t-il des garanties ?
L'acheteur en profite si les textes des garanties le prévoient. Certaines garanties se cèdent à l'acheteur, parfois moyennant une démarche à faire dans un délai fixé. Relisez-les avant de mettre la maison en vente.