À quoi sert cette pièce
Là où le revêtement s'interrompt contre une cheminée, un mur, un tuyau ou un puits de lumière, l'eau trouverait un passage. Le solin la reprend et la renvoie sur le dessus du revêtement. L'état du solin compte beaucoup au moment de réparer ou remplacer un toit : un revêtement encore bon peut couler par ses solins, et un toit neuf peut couler par de vieux solins.
Ce qui use un solin
Une surface continue de bardeaux ou de membrane offre peu de prises à l'eau. Une jonction entre deux matériaux en offre plusieurs.
- Chaque matériau a son mouvement. Brique, bois et métal ne gonflent ni ne rétrécissent au même rythme, et le joint est sollicité d'une saison à l'autre.
- Le scellant a une vie courte. Celui qui ferme le dessus d'un contre-solin durcit, se fendille et décolle souvent bien avant la fin du toit.
- Le manchon de caoutchouc cuit au soleil. Autour d'un tuyau d'évent, le manchon finit par se fendre.
- Le joint de brique se vide. Quand le mortier s'en va, le contre-solin qui y était engagé ne tient plus.
- La pose d'origine était mauvaise. Trop court, mal cloué ou noyé de scellant pour compenser, un solin résiste quelques années avant de céder.
- Les vieux solins sont restés lors de la réfection. Le chantier va plus vite, mais le revêtement neuf reçoit en héritage la faiblesse de l'ancien.
Où se trouvent les solins
La cheminée. Sur ses côtés, des pièces en équerre s'étagent en escalier, chacune insérée entre deux rangs de bardeaux. Par-dessus, un contre-solin engagé dans les joints de la maçonnerie recouvre le haut de ces pièces.
La rencontre d'un toit et d'un mur plus haut. Le solin remonte derrière le parement du mur et recouvre le bord du revêtement.
Les tuyaux d'évent. Un collet habille chaque tuyau de plomberie. Sa base plate se glisse sous le revêtement, et son manchon, en caoutchouc ou en métal, enserre le tuyau.
Le pourtour d'un toit plat. La membrane grimpe contre les murs et les parapets : c'est le relevé. Un contre-solin en abrite le sommet, et un couronnement de métal couvre le dessus du muret.
Du scellant au détail refait
Reprendre le scellant. C'est un geste d'entretien, vite fait et peu coûteux, qu'il faudra répéter.
Changer une pièce. Un collet d'évent ou un bout de solin se remplace sans refaire le toit, mais pas sans l'ouvrir. Nous défaisons le revêtement autour, glissons la pièce neuve dessous et refermons.
Reprendre tout le détail. À une cheminée, nous refaisons l'escalier de solins et le contre-solin, cette fois bien engagé dans la maçonnerie.
Ces travaux se font en hauteur et reviennent au couvreur. Notez seulement où se trouve la tache et par quel temps elle apparaît.
Questions fréquentes
Quels indices désignent un solin plutôt que le revêtement ?
Un cerne situé près d'une cheminée, d'un mur extérieur ou d'un tuyau d'évent oriente vers le solin. Une infiltration qui ne se manifeste que lorsque la pluie est poussée par le vent aussi. Seul un couvreur, sur le toit, peut le confirmer.
Faut-il des solins neufs quand on refait le toit ?
Oui, c'est fortement conseillé. Un vieux solin a peu de chances de durer autant que le revêtement neuf posé contre lui. Faites inscrire leur remplacement dans la soumission.
Peut-on s'en tirer en remettant du scellant tous les ans ?
Sur un solin sain, le scellant gagne du temps. Il ne répare ni un métal troué, ni une pièce trop courte, ni une mauvaise pose. Un joint qui en redemande sans cesse cache un autre défaut.